vendredi 4 décembre 2009

Temples & trafiquants

Ioreth et Icariel sont revenus indemnes de leur croisade contre le seigneur des ombres accompagnés par un géant à la peau grise –en fait un goliath– répondant au nom de Vimak. Le repaire de la bande de malfaiteurs a été entièrement nettoyé, et ils sont mis à jour la preuve de l’existence d’un trafic d’esclaves. Par contre, ils ont perdu la trace de Che-Khan et Theucis, qui leur ont faussé compagnie en cours d’exploration après que le tieffelin ait trouvé une étrange poupée dans un coffre. La mauvaise nouvelle, c’est qu’ils sont également partis avec la corne du Roi-Ogre.

Keddig les a également abandonnés après la fouille du repaire, expliquant qu’il avait une enquête à mener. Une enquête ? Sur le départ inexpliqué de nos compagnons ?

Nous décidons de partir au plus vite, à cheval, vers les ruines à l’Ouest de la ville. En effet, les gardes ont vu nos deux compères sortir précipitamment dans cette direction. Sans compter que certains indices trouvés dans le repère des brigands nous poussent à croire que le village en ruines est un point de rendez-vous entre les trafiquants d’esclaves et leurs clients.

Sur le chemin, nous remarquons une carriole renversée, à moitié cachée dans les fourrés, et deux humains, morts égorgés à l’épée. Je prie Séluné que Che-Khan ne soit pas le coupable… Nous poursuivons notre route, pour arriver aux ruines avant la nuit.

Les ruines semblent vides, mais dans l’obscurité, nous préférons être méfiants. Nous avons monté le camp pour la nuit à un bon kilomètre, dans une petite clairière. Pas d’incident majeur, si ce n’est que nous avons retrouvé Ioreth et Maxence endormis sous la même couverture au matin, alors qu’ils étaient supposés assurer la garde.

Le village est bien désert. Toutefois, des bruits de conversation diffus et l’odeur d’un feu nous amènent vers ce qui devait être le temple de la communauté. Il est en ruine, lui aussi, mais… Nous y surprenons un homme lézard et une poignée d’humains en pleines tractations. Le combat s’engage immédiatement. Les coups bas pleuvent, mais nous faisons bloc, et Maxence finit par appeler la colère d’Amaunator sur le chef des bandits, qui s’écroule. L’homme Lézard est tombé, lui aussi. C’est la débandade.

Nous avons fait deux prisonniers, qui nous guident vers les esclaves. Des enfants. Les pauvres sont terrorisés, et la vue de Vimak –qui s’est montré un combattant de valeur– ne fait rien pour les rassurer. Heureusement, Maxence est là, il sait trouver les mots pour les calmer. Nous fouillons les alentours et récupérons un chariot et du matériel de contrebande stocké derrière le temple.

Après un rapide repas, nous décidons d’abandonner, dans un premier temps, la poursuite de nos anciens compagnons, afin de reconduire les enfants à Eauforte. Le retour sera sans histoire. Nous avons remis les prisonniers à la garnison et reçu les félicitations du capitaine Feuilleherse, qui nous a autorisé à garder une partie du matériel récupéré en paiement pour nos exploits. Nous prenons le temps de lui faire un rapport détaillé de ces dernières 48 heures avant de rentrer à l’auberge nous nourrir et nous rafraichir.

Ah oui, nous avons eu des nouvelles de Keddig. Une patrouille de gardes l’a surpris en train de « fouiller les égouts » à la recherche d’indices. Nous avons promis au capitaine de le surveiller.

mardi 10 novembre 2009

Bazars & malandrins

Suite à leur glorieuse victoire, mes compagnons n’aspiraient qu’à prendre un peu de bon temps. Malheureusement, la vie d’aventurier ne laisse pas toujours de temps aux délassements. D’abord, les formalités administratives avec Feuilleherse, bien sûr, qui nous suggéra de nous organiser en compagnie d’aventurier. J’étais assez d’accord, ça nous simplifierait la vie dans beaucoup de contrées, et ce n’est guère contraignant.

Le nom que nous avons retenu fut “compagnie de Coeursoleil”, le nom que j’avais proposé. Seul Theucis semblait ne vraiment pas l’apprécier. Nous avons laissé une partie des statuts de la compagnie en suspens parce que la foule se pressait à la Choppe Verte pour parler aux nouveaux héros.

En soirée, Je suis allé prier dans le seul temple de la ville, pour avoir autant de calme. C’était sans compter sur Theucis qui est arrivé, sur les bras Che-Khan. Le tieffelin était mal en point, et ils venaient chercher l’aide de prêtre, qui ne put d’ailleurs pas faire grand chose… Le fou s’était appliqué un morceau de métal chauffé à blanc sur la poitrine, sans doute pour cacher le tatouage sur son cœur. Nous l’avons ramené à la taverne et mis au lit.

La raison principale pour laquelle la vie d’aventurier n’est pas reposante, c’est que si vous restez sur place un petit moment, vous êtes vite connu, et c’est vers vous qu’on vient pour régler toute sorte de petits problèmes agaçants. Avec la nouvelle notoriété de mes compagnons –dont je profite aussi– bien sûr, ça n’a pas raté.

Raumandar, un employé du bazar d’Eauforte, est venu nous trouver dès que nous avons pu souffler un peu. Une affaire de Racket. Un certain “seigneur des ombres”, chef de la pègre locale, prétendait soutirer aux commerçant une taxe de protection que la patronne de Raumandar ne souhaita pas payer. Les sbires dudit seigneur se faisaient menaçants, et le pauvre homme craignait de prendre un mauvais coup…

Nous pouvions difficilement refuser d’aider le pauvre homme. Même Theucis et Che-Khan semblaient plutôt partant, bien que la récompense promise ne soit pas bien grande. Je crois qu’ils ont déjà eu à faire à ces malandrins et qu’ils sont ravis de leur mettre les bâtons dans les roues.

Nous nous sommes donc mis en planque, dans et autour du bazar, pour tenter de voir le racketteur et de le suivre jusqu’au repère de la bande. Une fois sur place, on passerait à la méthode musclée.

Malheureusement, tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Un homme est bien entré, a exigé de l’argent, puis est ressorti. Nous l’avons suivi, mais il s’est douté de quelque chose et a pris la fuite vers le quartier le plus pauvre de la ville. Un vrai coupe gorge : des ruelles et des culs de sac… Pas étonnant que la lie de la ville s’y cache. Quoi qu’il en soit, nous avons perdu sa trace, et toute la bande doit savoir que nous sommes sur leur piste. Et donc, ils vont se méfier, maintenant.

Nous sommes retournés à la taverne discuter de la manière de gérer la suite. Maxence et moi resterions au bazar pour protéger les employés pendant que le reste du groupe irait à la pèche aux infos. Tout s’est bien passé de notre côté, mais il semble que la journée de nos amis ait été agitée.

De ce que j’ai compris, Theucis a encore fait des siennes, devant le manoir Luneflamme, la demeure de la famille dirigeante d’Eauforte. D’après Ioreth, le tieffelin aurait tenté d’obtenir un sceau de réquisition, afin de pouvoir se procurer du matériel magique gratuit. Theucis et Che-Khan contestent la version d’Ioreth, mais Icariel la confirme. Inutile de dire à qui je fais le plus confiance. Heureusement, la rumeur impute l’échauffourée qui s’en est suivi au seigneur des ombres.

De ce que je sais, nos compagnons se sont séparés en cours d’après midi, certains continuant la chasse aux infos, d’autres attendant un certain Curuvar, un mage, à la Choppe Verte. Je suppose que ce dernier a des informations valables.

De notre côté, la nuit vient de tomber, rien à signaler de toute la journée. Maxence et moi continuons les tours de garde au bazar. Plus aucune nouvelle des autres depuis quelques heures. Je suppose qu’ils ont trouvé une piste…

lundi 9 novembre 2009

Ruines & nécromants

Voici le groupe à peine réuni, et déjà les affaires reprennent. Tant mieux.

J’ai fait un rêve étrange cette nuit. Je rentrais au duché, me réjouissant de revoir mes sœurs et mon père, marchant au milieu des champs fertiles, lorsque soudain une ombre s’est abattue sur le paysage, venue de l’Est. Elle progresse rapidement et semble tout avaler sur son passage, terre, cieux et soleil. Elle ne laisse que débris et désolation derrière elle. Tout perd couleur et vie, sauf moi.

Je suis dans le château, maintenant. Il est en ruines, et des cadavres desséchés remplacent les vivants. Je monte jusqu’à la salle du trône. Mon père m’y attend… mort lui aussi, mais toujours aussi droit et digne sur son trône. Je devine aussi la présence de mes sœurs parmi tous ces cadavres, mais je n’ai pas le temps de m’y attarder. Une voix d’outre-tombe jaillit des mâchoires de mon père

« Tu es revenu trop tard, Alejandro, trop tard… Le Soleil Noir a tout consumé, et il ne me reste plus que des morts comme sujets. Mais ce sont désormais tes sujets, Alejandro… Alors, viens, mon fils, et prends la place qui a toujours été tienne... »

L’instant d’après, tous les cadavres ont disparus, et je suis assis sur le trône ; je ne peux pas bouger, je sens que je me décompose petit à petit. Je hurle, mais rien n’y fait : je tombe en poussière petit à petit… Juste avant de me réveiller, en nage, bien sûr. Le tatouage sur mon cœur me fait mal. J’ai l’impression qu’il brille, mais je ne suis sans doute pas encore tout à fait réveillé.

Quelqu’un frappe à la porte. Je vais ouvrir. C’est un novice du monastère qui m’invite à venir déjeuner. L’esprit toujours embrumé, je prends mon temps pour me préparer avant de rejoindre mes amis. Après le repas, j’apprends que frère Tharn souhaite nous parler. Bien.

C’est un homme d’âge mûr, barbe et cheveux bruns. La pièce est petite, et visiblement destinée à l’études de livres et de parchemins, si j’en juge par leur nombre. A côté du moine se tient un gnome. Frère Tharn nous accueille avec un grand sourire, avant de désigner le gnome pour nous le présenter. Keddig, de Lunargent, qui va travailler avec nous.

Il se lance alors dans un discours dont j’ai recopié ici le principal :
« Je suppose que vous avez des questions sur la cause que nous servons. Laissez-moi donc vous expliquer plus en détail. Notre ordre a été fondé dans un but bien précis ; empêcher l’accomplissement d’une prophétie promulguée par Alaundo le Prophète. Cette prophétie parle de l’avènement de ténèbres sur le monde et de destructions sans précédents. Malheureusement, ses propos sont sujets à interprétation et nous ne savons pas la nature de cette menace – nous avons juste des indications. Ce sont ces dernières qui nous ont menés à vous ; d’après la prophétie, vous avez un rôle à jouer dans cette histoire. Un rôle très important, et c’est pour cela que nous avons tout mis en œuvre pour vous ramener ici. Ce que nous attendons de vous, c’est que vous accomplissez votre destinée. Il vous faudra la découvrir, et nous sommes là pour vous aider à le faire. C’est pour cette raison que deux de nos frères vous accompagneront dans vos voyages à partir de maintenant, Maxence de Beaufort et Icariel. J’aimerais également que vous emmeniez Keddig avec vous. Tous ont des compétences qui vous seront sans nul doute très utiles. Et surtout, ils vous aideront à prendre votre revanche sur celui qui vous a défaits...
Nous avons récolté des informations sur ce Roi Ogre. Il se pourrait bien qu’il ait des liens avec les forces de l’ombre que nous cherchons à combattre. Quoiqu’il en soit, nous ne pouvons laisser une telle menace en liberté. Il est de notre devoir d’y mettre un terme. »

Les autres hochent alors de la tête, apparemment d’accord avec lui. C’est le moment que choisit Theucis pour prendre la parole ; il cherche à soutirer de l’argent au moine, mais ce dernier répond que les ressources du monastère sont limitées et sont principalement dévouées à l’étude et à la connaissance. Je souris. Juste avant de nous congédier, il confie tout de même une vieille carte à Theucis. Tout le monde part ensuite préparer ses affaires, sauf Ioreth, qui reste en arrière pour discuter avec le moine.

Le voyage vers Eauforte se passe sans encombre, mais notre arrivée en ville est moins évidente. Les portes sont fermées et les gardes à cran. Ils ont entendu parler d’une armée de morts-vivants dans la région. Theucis manque de faire dégénérer la situation, mais nous finissons tout de même par entrer.

Nous allons immédiatement rendre une petite visite au capitaine Feuilleherse. La ville semble encore moins peuplée que lors de notre dernière visite. Le capitaine paraît soucieux et nous explique qu’une grosse troupe de squelettes nains ont été aperçus dans la région, et qu’il craint pour la sécurité de la ville. Nous nous portons volontaires pour aider à la défense de la ville en cas de besoin.

Le lendemain, après le déjeuner, Feuilleherse nous fait mander. Il a reçu un rapport de l’un de ses éclaireurs, faisant état d’un squelette géant et d’un gobelin rachitique voyageant vers la Chute du Dragon. D’après lui, cet endroit serait la tombe d’un puissant dracoliche. C’est un lieu maudit, rempli d’énergie maléfique… Feuilleherse voudrait que nous nous occupions de cet étrange couple avant qu’il ne commette quelques méfait. Mes compagnons acceptent.

Je décide de rester en ville pour aider la milice. D’une part, je me sens plus utile auprès de ces pauvres gens, d’autre part, je ne suis pas convaincu de nos chances de succès si le squelette géant est celui qui nous a massacré la dernière fois.

Le reste de la journée se passe dans une attente anxieuse. Qui verrais arriver d’abord, mes compagnons victorieux ou une horde de morts-vivants ?

En début de soirée, la bonne nouvelle se répend comme une trainée de poudre : un groupe d’aventurier revient vers la ville, arborant fièrement la tête d’un énorme squelette et le corps d’un nécromant gobelin. Je suis parmi les premiers en ville à aller les féliciter. Je m’en veux un peu de n’avoir pas osé les accompagner, mais au final, ils s’en sont bien sortis et c’est le principal.

jeudi 11 juin 2009

Cellules & prêtres

Une éternité ? Un instant ? Combien de temps s'est-il passé depuis ce trou noir ? Je ne saurais le dire. Bien sûr, je me rappelle de ce combat au plus profond d'un antique tumulus nain… Et de ce rire hystérique qui me vrillait les oreilles. Plusieurs coups, puis plus rien. Rien que ce vide flou, entre ombre et lumière, et une destination obscure.

Qu'est-ce que c'était ? Une voix ? Oui… Quelque chose… Non, quelqu'un m'appelle par mon surnom. C'était indistinct au début, comme un murmure imperceptible mais entêtant, avant de devenir de plus en plus fort et clair. Aguijòn. Oui, c'est bien moi. Il me semble reconnaître ce ton, celui d'une personne qui me paraît familière…

C'est alors que l'autre voix s'est fait entendre. Rien à voir avec la première ; bien plus impérieuse, grandiose… Divine, presque. Une aura étincelante semble en émaner, comme si chacun des mots qui se formaient étaient gravés dans mon âme. Des mots incompréhensibles tout d'abord, avant de devenir de plus en plus limpides… Jusqu'à ce que je saisisse toute la profondeur de leur sens. "

« AGUIJÒN ! ENTENDS MA VOIX ET REPONDS A MON APPEL ! ACCEPTES-TU MON SERMENT POUR REPRENDRE TA DESTINEE EN MAIN ? »

Je sais alors instinctivement ce que je dois dire, comme si je l'avais toujours su. Du bout de mes lèvres, la réponse se fait. Qu'est-ce que c'était déjà ? Pourquoi ne puis-je l'entendre ? Pourtant, cette voix me parle encore…

« ALORS REVIENS PARMI LES VIVANTS ET ACCOMPLIS TON DEVOIR, AGUIJÒN ! »

Puis la lumière, l'éblouissante lumière, m'enveloppe tout entier jusqu'à ce que mon univers flou devienne blanc, m'aveugle… Et que tout redevienne noir une nouvelle fois. J’ouvre péniblement les yeux. La tête me fait mal et tout paraît tourner autour de moi l'espace d'un instant. Peu à peu, je me reprends… Je me retrouve dans une salle circulaire, toute en pierre, seulement illuminée par des torches. Certainement une pièce souterraine, me dis-je… Mais je ne suis pas seul. Devant moi se tient Ioreth, l'air épuisée, se tenant comme elle peut à un brasero éteint. A côté d'elle se trouve un humain d'âge mûr, aux cheveux et à la barbe bruns, habillé d'une longue robe blanche. Tous deux me regardent, l'une souriant faiblement alors que l'autre semble satisfait de quelque chose. Plus loin se trouvent Che-Khan et Théucis, apparemment aussi peu vaillants que moi… Et nus ! Il ne me faut pas longtemps pour constater que je n’ai rien sur moi non plus ! Sauf… Cet étrange symbole en forme de soleil enflammé et doré tatoué à l'emplacement de mon sein gauche…

Tout est confus dans ma tête, mais j’entends l'homme en robe parler. Il se nomme frère Tharn, est un des maîtres de l'Ordre de la Flamme Vigilante et affirme que moi et mes deux autres compagnons avons répondu à l'appel d'Amaunator pour accomplir notre destinée en ce monde. Il parle aussi d'une prophétie qui avait annoncé cela il y a bien longtemps, et de notre rôle qui n'était pas encore achevé. J’acquiesce sans grande conviction. Il y a aussi deux autres personnes dans cette pièce, un autre humain en robe ainsi qu'un elfe à l'air sinistre, au visage recouvert d'une capuche. Il me semble entendre les noms de Maxence et d'Icariel à leur propos…

Je suis si fatigué, c'est étrange. Je parviens cependant à me relever, pendant que Maxence vient m'apporter un vêtement pour couvrir ma nudité. Je l'enfile un peu de manière automatique avant d'entendre frère Tharn parler de nous conduire à nos chambres pour nous y reposer. Une bonne idée que voilà ! Alors que nous le suivons, Ioreth nous raconte brièvement ce qui s'est passé entretemps… Plus d'une semaine s'est écoulée entre ma mort et ma résurrection. L'éladrine a fui le tumulus après notre défaite face au Roi Ogre et est revenue à Eauforte où, déboussolée, elle est restée à la taverne de la Chope Verte, ne sachant trop que faire. C'est là qu'Icariel et Maxence sont venus la trouver, lui disant que leurs supérieurs requéraient sa présence dans un monastère. Encore sous le traumatisme, Ioreth accepta et rencontra frère Tharn là-bas ; c’est là qu'il lui expliqua que sa venue avait été prédite par une ancienne prophétie et qu'elle pouvait l'aider à faire revivre ses compagnons défunts grâce à un puissant rituel. Apparemment, nous sommes destinés à faire de grandes choses dans cette fameuse prophétie, mais frère Tharn n'a pas été très prolixe à ce sujet. Et donc, me voilà de nouveau en vie… Je n’espérais plus un jour avoir à remercier Ioreth.

Mais voilà que nous sommes arrivés devant nos chambres. "Cellules" serait un terme plus juste vu leur austérité ; une petite pièce carrée avec une paillasse et un coffret simple pour mettre ses affaires. Seule une fenêtre fendue laisse entrer la lumière de l'extérieur… Mais pour l'instant, seule la clarté de la lune m’éclaire. Il doit déjà être tard, et je me sens tellement fatigué. Frère Tharn affirme qu'il y a de quoi remplacer mon équipement perdu dans les coffrets. Je vérifie par toi-même… Et effectivement, il y a deux pics de guerre, une armure et même un équipement complet, même si ce n'est pas vraiment ceux que j’avais à l’origine. Cela aussi avait-il été prédit ? De quelle étrange prophétie ce moine barbu parle-t-il donc ? Toutes ces questions… Oh, il sera bien temps d'y penser demain matin. Pour l'heure, le temps est au sommeil.

mardi 19 mai 2009

Escaliers & squelettes

Après une courte discussion sur la meilleure manière de descendre les escaliers, le frère d’Ioreth – je ne parviens toujours pas à prononcer son nom correctement, et je ne parle même pas de l’orthographier – commence à descendre. Il nous informe que des niches funéraires, contenant des squelettes de nains, décorent les murs d’un des côtés de l’escalier, l’autre plongeant dans le vide directement. Notre éclaireur se méfie de ces squelettes et entreprend de lancer une torche arrachée au mur sur le plus proche, c’est à dire vers le mur opposé à lui, de l’autre côté de gouffre. Son premier lancer ricoche ; la torche termine son parcours une trentaine de mètres plus bas, bientôt suivie par une seconde puis une troisième, le bruit du bois contre la pierre étant couvert par les jurons de l’éladrin.

Je pense ne pas être le seul, à ce moment précis, à regretter de l’avoir autorisé à nous accompagner. Je décide de prendre la direction des opérations, et m’engage franchement dans l’escalier, dépassant sans m’arrêter le premier squelette, malgré les avertissements de… Machin. Si le premier squelette s’est effectivement montré très calme – très mort, pour tout dire – je dois reconnaître que mon compagnons n’avait pas tout à fait tort de s’inquiéter : le second a en effet bondi de son alcôve pour essayer de me pousser au bas des escaliers. Heureusement, mes bons réflexes m’ont évité une fin tragique.

A sept contre deux malheureux squelettes, le combat est une formalité, même si nous avons manqué de perdre Ioreth qui s’était retrouvée, pour une raison que je ne m’explique pas, en première ligne. L’insouciance de mes compagnons éladrins frise l’inconscience et je le leur fait remarquer…

Arrivés au bas de l’escalier, nous faisons face à un unique couloir. Bien, cela nous évitera de réfléchir. Quoique… Le demi-elfe nous suggère d’adopter un ordre de marche cohérent, pour faire face plus efficacement à ce qui nous attend sans doute au bout de ce couloir.

Dix minutes plus tard, fin de la discussion. Nous nous mettons en route, à peu près dans le même ordre qu’auparavant. Elnewen soupire.

Au bout du couloir, on entend des bruits, comme une sorte de mélopée. Des machins magiques de gobelins, à coup sûr. En effet, un gobelin en robe de bure, debout sur une stèle de pierre domine une petite pièce où se trouvent trois autres gobelins en armes et une poignée de nains morts-vivants.

Nous voyant arriver, le gobelin sur la stèle, d’un air qu’il veut grandiloquent, nous demande le but de notre visite. Je lui répond que nous venons livrer les deux tonnes de foin commandées et lui demande où il veut que nous déposions la marchandise. Tandis qu’il me demande, incrédule, de répéter, mes compagnons et moi-même nous lançons à l’attaque.

Je fais de mon mieux pour m’extraire du couloir au plus vite et atteindre la salle et les gobelins avant que leur chef n’ait le temps d’incanter quelque sort néfaste. Quelques passes d’armes devraient suffire… Mais non. Est-ce la précipitation ? Les ténèbres ? Pas moyen de toucher mes adversaires. Et si je finis par entrer dans la pièce, c’est pour m’y retrouvé englué dans une masse de nains plus très frais, et coupé de mes compagnons qui ont préféré reculer dans le couloir pour la plupart. Seul Che-Khan et Elnewen ont tenté de me suivre, mais nos adversaires sont coriaces et protègent bien leur chef, qui ne cesse ses gesticulations et salamalecs.

J’entends que Théucis et Ioreth incantent eux aussi. Un trait d’énergie sombre frappe d’ailleurs le gobelin sur sa stèle, qui juge du coup plus prudent d’en descendre pour être moins exposé. Joli coup, mais qui éloigne encore un peu ma cible de mes pics…

J’ai l’impression qu’il y a de plus en plus de nain. J’ai aussi l’impression que tous mes coups tombent dans le vide. Elnewen est à côté de moi, il m’encourage. Pas moyen de s’approcher du chaman, dont le rire fou commence à me taper sur les nerfs.

A côté de moi, Elnewen est tombé. J’entends le bruit du combat de mes autres compagnons mais je ne les vois plus.

Je tombe à mon tour. Je sens la poigne de Dhorgar, qui me remet debout.

Encore des coups.

Je frappe. Dans le vide. Toujours.

Nains trop petits.

Le gobelin n’incante plus. Enfin.

La stèle explose. Un squelette immense…

Un coup sur la tête. Encore un.

Le noir.

mercredi 15 avril 2009

Caves & zombies

Les gobelins ne sont pas très nombreux, ça devrait aller. Au fond de la pièce, une de ces verdâtres crapules incante. J’essaie de me frayer un chemin jusqu’à lui pendant que mes compagnons s’occupent des guerriers. Mauvaise idée : alors que je suis au milieu de la pièce, le sol s’effondre sous mes pied, et j’atterris trois mètres plus bas, dans une fosse peuplée de cadavres de nains… Qui s’animent à mon arrivée. Che-Khan et Dhorgar me rejoignent rapidement, et pièce et fosse sont nettoyées. Il semble par contre que, dans la mêlée, un des gobelins se soit enfui par la porte du fond. Il ne faudra plus compter sur la surprise.

Il semble bien que nous soyons dans une ancienne citadelle naine. Par contre, elle est dans un état déplorable : les actuels locataires ne font sans doute pas montre de beaucoup de soin, mais il doit y avoir des siècles que plus aucun nain n’est passé par ici.

Nous continuons notre exploration. En ouvrant la porte par laquelle s’est enfui le gobelin, nous trouvons un couloir… Envahi de zombies. Heureusement, ils sont lents et, pour une fois, nous nous organisons bien. A quatre derrière la porte, dans la grande salle, nous les cueillons pratiquement un à un. Facile. Ils ne nous auront pas retardé longtemps.

La pièce suivante est faiblement plongée dans le noir. A la lueur de nos torches, nous apercevons un escalier qui s’enfonce dans les ténèbres, ainsi qu’une porte en mauvais état, entrouverte. La porte donne sur une petite pièce, peut-être le dortoir des gobelins. En tous cas, je ne dormirais pas ici. Rien d'autre de ce côté. Il va falloir descendre, et je ne m’en réjouis pas vraiment…

vendredi 13 mars 2009

Tavernes & halfelins

Une fois à l’auberge, je commence par m’assurer qu’il reste des chambres disponibles et commande de quoi manger et boire. Je m’approche de la table où sont assis Ioreth et un halfelin… Celui-là même qui avait vendu la dague à Garwan. Le halfelin semble tendu et pressé de partir ; je lui offre donc un petit verre pour détendre l’atmosphère. Che-Khan et Theucis interviennent pour m’aider à convaincre le petit bonhomme de rester et de nous raconter l’histoire de cette dague. Il est sur ses gardes, et je sens bien que, dans la taverne, on nous surveille du coin de l’œil.

Il finira, non sans mal, par se mettre à table. Il a “trouvé” l’artefact dans d’anciennes ruines naines, à quelques lieues au sud de la ville en pleine forêt. Le fait qu’elle fut gardée par une tribu de gobelins ne l’a pas perturbé plus que cela : il s’est simplement faufilé entre deux patrouilles et a ramassé ce qu’il pouvait. Pour le malheur d’Eauforte, la dague faisait partie de son butin. Comment les gobelins ont retrouvé la trace de l’objet est toujours mystérieux… Mais nous avons maintenant une carte pour aller jusqu’aux ruines, et je compte bien tirer cela au clair.

Notre nouvel ami n’a pas mis longtemps à détaler après avoir terminé son histoire. Nous avons pris un peu de repos, jusqu’à ce qu’Elnewen nous suggère d’aller faire notre rapport au capitaine de la garde avant la tombée de la nuit, ce que nous fîmes.

Je ne sais que penser du capitaine. C’est un elfe, a priori plutôt âge (c’est toujours difficile à dire). Il semble très détaché de tout et pour tout dire plutôt calme. Soit il a vraiment beaucoup d’expérience et maîtrise vraiment la situation, soit il n’a pas conscience des dangers réels qui menacent la ville si une tribu gobeline est sur le pied de guerre. Ce que j’ai vu de la milice ne plaide pas en sa faveur… Notre rapport a été fait en quelques minutes, et après de brefs remerciement, nous étions dehors. Il ne nous restait qu’à retourner à l’auberge.

C’est une fois rentrés que nous avons constaté que Che-Khan et Theucis avaient quitté le groupe en douce. Il réapparurent une petite heure plus tard, alors qu’Elnewen Dhorgar et moi même avions une petite conversation avec Ioreth et son frère, sur le fait qu’elle ne nous avait pas prouvé grand chose pendant l’accrochage avec les gobelins, et qu’il n’était pas question de traîner des poids morts si on s’aventurait dans des territoires plus dangereux. Les deux Eladrins nous assurèrent qu’ils sauraient se rendre utiles en cas de coups durs.

Quant à nos deux promeneurs, leur ballade semblait avoir été agitée… Theucis avait une partie du visage tuméfié, et les vêtements du génasi étaient un peu en désordre… De toute évidence, ils venaient de se battre. Ils ne voulaient pas en dire plus et nous n’avons pas posé de questions. J’espère juste qu’ils laisseront leurs problèmes derrière eux avant de partir au sud.

— – - – —

Ce matin, nous étions prêts de bonne heure. Je pouvais ressentir, chez mes compagnons, la même excitation à l’idée de partir à l’aventure que celle qui m’anime moi-même. Ce n’était pas quelques rumeurs sur un prétendu dragon qui nous feraient reculer. Il sera toujours temps d’aviser si on en croise un…

La traversée de la forêt s’est faite sans encombres. Che-Khan et moi-même avons guidé le groupe à travers les chemins étroits des chênaies du bois sud pendant presque une journée, lorsque nous sommes arrivés au ruines. Aucun mouvement ; on aurait pu les croire abandonnées si des dizaines de traces de passage dans la boue ne nous criaient pas le contraire.

Le frère de Ioreth et moi-même sommes partis contourner tout le site, histoire d’avoir une vue plus générale et de repérer un éventuel guetteur. Rien, a priori. C’est donc en prenant soin d’éviter le chemin principal que notre groupe s’est avancé vers les ruines. Après quelques recherches, nous avons trouvé une entrée dérobée, cachée sous une dalle… C’était parti !

Après avoir suivi un étroit couloir sur quelques dizaines de mètres, la première salle s’ouvrait devant nous… Et avec elle, les premiers gardes. En même temps que les gobelins, nous dégainons nos armes…

mercredi 4 février 2009

Bateaux & gobelins

Je pense que nous avons passé le cap de la nouvelle année dans les jours qui viennent de passer. Hier ou avant-hier, sans doute, ou peut être aujourd'hui. Depuis que j'ai quitté Daggerford pour remonter le fleuve Delimbiyr vers Eauforte, j'ai un peu perdu le compte. Les journées se ressemblent tellement.

Le dernier navire sur lequel j'ai embarqué est commandé par un capitaine Nain. Moi qui pensait que ce fier peuple n'aimait pas l'eau… Enfin, il est vrai qu'il ne s'agit pas ici d'en boire. Il se nomme Dareck, et semble être un nain d'expérience. Son équipage est composé de quatre humains guère loquaces. Chose surprenante, je ne suis pas le seul passager à bord. Sans doute Dareck n'avait-il pas assez de marchandise à bord pour ainsi accepter tant de monde. Il y a un couple d'éladrins (une noble et son garde du corps ?), un drakéide et un génasi en armure, qui semblent tous deux vénérer Tempos (mais je ne suis pas certain qu'ils voyagent ensemble), un tieffelin à l'air louche (ce qui est peut-être un pléonasme) et un demi-elfe en cotte de mailles (enfin une personne normale ?). Mes compagnons de voyage ne sont guère plus liants que les marins. J'en profite pour m'installer tranquillement à l'avant du navire et regarder les paysages défiler devant moi.

Il fait froid quand on n'a rien à faire.

Un petit incident a éclaté tout à l'heure, alors que le capitaine venait d'annoncer qu'il ne nous restait que quelques heures avant de débarquer à Eauforte. Le tieffelin a sorti un lapin de son sac et l'a lâché sur le pont du navire. Ce qui n'a pas manqué de faire monter la tension au sein de l'équipage, surtout lorsque la dame éladrine l'a ramassé. Pourquoi a-t-il fait cela ? quel intérêt de lâcher un lapin juste à ce moment sur le pont. Soit il connaissait les superstitions des marins et il a délibérément créé la tension au moment des préparatifs d'arrivée, soit il n'en savait rien et... Pourquoi lâcher un lapin à ce moment précis ? Et pourquoi avoir ramassé un lapin dans la cale, où il n'avait de toute façon rien à faire ? Un agitateur ou un simple idiot ? A surveiller, quoi qu'il en soit.

Arrivés à Eauforte, le capitaine a demandé si un de nous pouvait lui rendre un petit service. J'ai immédiatement accepté, imité par mes compagnons de voyage. Il s'avère en fait que ce sont des mercenaires venus chercher du travail à Eauforte. Moi qui espérait avoir les coudées franches ici, c'est mal parti. Bref. Dareck, qui voulait superviser le débarquement de ses marchandises, avait simplement un colis et une lettre à transmettre à un de ses congénères, un certain Garwan, propriétaire d'une échoppe au sud de la ville, appelée le Bric-à-brac.

A sept pour livrer un colis au bout de la ville, j'avais de bonnes raisons de croire que notre mission serait un franc succès.

Alors que nous nous mettions en route, l'éladrin en armes chuchota quelques mots à l'oreille de sa compagne avant de s'éclipser… Une course urgente à faire, nous dit celle-ci. Drôle de garde du corps qui laisserait sa cliente se balader avec cinq quasi inconnus. Me serais-je trompé ? Peu importe. Nous en profitons pour faire les présentations, puisque nous n'avions pas eu le loisir de le faire pendant le voyage. Je ne peux m'empêcher de sourire.

La dame éladrine se nomme Ioreth, le drakéide Dhorgar, le génasi de terre Che-Khan le tieffelin Theucis et le demi-elfe Elnewen.

N'ayant guère échangé plus que nos noms le temps de traverser la ville, nous arrivons au Bric-à-brac. Tandis que je m'apprête à entrer, suivi de mes compagnons, le mur d'enceinte de la ville explose à quelques pas de nous. A travers la poussière et la fumée, je vois des silhouettes se glisser dans la brèche et se répandre dans la rue. Des gobelins. Autour de nous, les villageois paniquent et tentent de s'enfuir. Plusieurs ont été blessés par l'éboulement du mur ou les premières attaque des gobelins. Je constate avec satisfaction que mes compagnons ont, pour la plupart, réagi de la même manière que moi : en sortant leurs armes pour faire face aux nuisibles.

Je prend le parti de contourner le gros de nos adversaires pour venir en aide à une dame et sa fille, prises à partie par les peaux-vertes. Le genasi, le drakéide et le demi-elfe ont avancé droit devant eux pour faire face. Le combat s'engage. Dans un coin de ma vision, je vois que le tieffelin lance des sorts et désorganise la masse ennemie, tandis que l'éladrine se faufile vers l'auberge voisine pour s'y abriter. Le demi-elfe vient de prendre un mauvais coup de hache, mais garde la tête haute... Etant le mieux placé pour le faire, je décide d'aller lui donner un coup de main. De toute façon, la pauvre dame que je voulais tirer des griffes des gobelins vient de succomber. Je lance une volée d'attaques contre le premier ennemi à ma portée, mais le bougre se défend avec acharnement. J'ai la vague impression que nous sommes débordés ; ils doivent être trois fois plus nombreux.

Mon compagnon demi-elfe, malgré sa blessure, nous exhorte à ne pas lâcher prise ; en dépit du chaos du combat et du fait que lui-même soit aux prises avec plusieurs gobelins, il nous indique des ouvertures que nous n'avions pas vues et garde son calme. Le génasi fait le ménage autour de lui petit à petit.

Le chef des gobelins est un chaman, resté un peu en retrait ; il faut que j'arrive à me faufiler jusque lui, mais ses ouailles ne me laissent pas faire, bien sûr. Le drakéide court d'un côté à l'autre du combat, et finit par tomber à côté du demi-elfe qu'il défendait. En retrait, le tieffelin semble débordé par les gobelins qui ont passé notre ligne de défense. L'éladrine a disparu, mais je crois qu'elle a réussi à se mettre en sécurité.

Un bruit de vitrine brisée se fait entendre... Si les gobelins commencent le pillage, c'est que le combat tourne à leur avantage, je n'aime pas ça. Pivotant sur moi même, je laisse au sol deux adversaires qui me barraient le chemin vers le chaman. Il est à ma portée. Je frappe, mais, à bout de course, je ne parvient pas à appuyer mes coups correctement. Il recule et incante... et nous voilà pris au milieu d'un nuage du fumée sombre, qui ne semble pas gêner le moins du monde nos adversaires. Je suis à nouveau englué dans le combat, les gobelins protègent leur chef.

Le drakéide s'est relevé, c'est bien. Le demi-elfe continue à orienter discrètement le combat et le génasi fait de plus en plus de dégâts dans les rangs adverses. Je ne vois plus le tieffelin. Soudain, les gobelins prennent la fuite. J'ai le champ libre : je me précipite sur le chaman, et deux coup de pic plus tard, il est à terre comme la plupart des pillards. Nous laissons fuir les quelques survivants.

Le tieffelin est bien à terre ; pas de trace de l'éladrine, mais je suppose que tout va bien pour elle. Les autres sont debout. Le drakéide s'occupe de nos blessés. Bien. Je fouille rapidement le chef gobelin. Je ne trouve qu'une lettre, écrite dans une langue que je ne connais pas. Tant pis. Je repense à la petite fille qui a perdu sa mère. Elle est cachée sous un chariot. Je vais la chercher et tente, avec un certain succès de la calmer. Pauvre petite.

La milice arrive. Explications rapides, remerciements. Le sergent nous demande de passer au poste de garde, rencontrer le capitaine Fagers lorsque nous en aurons le temps. je promet d'y aller et remet la fillette aux bons soins de la milice.

Sans plus attendre, je me rends au Bric-à-brac suivi de certains de mes compagnons. Garwan y est occupé à ranger le bordel laissé par les gobelins. C'est sa vitrine qui a été brisée. Il vient vers nous en gromellant, mais change d'humeur quand je lui remet le colis de Dareck. En discutant avec lui, nous apprenons qu'on ne lui a volé que quelques objets, dont le plus important était une dague ancienne, de fabrication gobeline. Si j'ai bien compris, un objet magique qui aurait autrefois appartenu au Roi-Ogre, un chef de guerre célèbre dans la région. J'émet alors l'idée que l'attaque, plutôt bien organisée, des gobelins, visait en fait uniquement à récupérer cette dague, dont le nain n'était propriétaire que depuis hier. Il venait de l'acheter à un voyageur halfelin, qui réside actuellement à la Chope Verte, une auberge juste à côté.

Ma théorie se trouve confirmée lorsque Garwan nous fait la lecture de le lettre trouvée sur le chaman. Celle-ci nous apprend que les gobelins étaient envoyés par un certain grand chaman Sancossug, qui avait, grâce à des sorts de divination, pu déterminer que la dague avait atterri au Bric-à-brac. Par ailleurs, cette dague, d'après lui, faisait partie du squelette du Roi-Ogre, et elle lui était nécessaire pour ramener ce dernier à la vie… Garwan, à la lecture de ceci, nous confirma que ce n'était pas là de bonnes nouvelles.

Finalement, j'ai peut-être bien fait de venir jusqu'ici.

Après s'être assurés que la dague ne se trouvait pas parmi les cadavres de gobelins que les miliciens commençaient à entasser, nous nous dirigions vers la Chope Verte, espérant y retrouver le halfelin qui avait vendu la dague à Garwan, ainsi qu'une bonne bière et un peu de chaleur.