Je pense que nous avons passé le cap de la nouvelle année dans les jours qui viennent de passer. Hier ou avant-hier, sans doute, ou peut être aujourd'hui. Depuis que j'ai quitté Daggerford pour remonter le fleuve Delimbiyr vers Eauforte, j'ai un peu perdu le compte. Les journées se ressemblent tellement.
Le dernier navire sur lequel j'ai embarqué est commandé par un capitaine Nain. Moi qui pensait que ce fier peuple n'aimait pas l'eau… Enfin, il est vrai qu'il ne s'agit pas ici d'en boire. Il se nomme Dareck, et semble être un nain d'expérience. Son équipage est composé de quatre humains guère loquaces. Chose surprenante, je ne suis pas le seul passager à bord. Sans doute Dareck n'avait-il pas assez de marchandise à bord pour ainsi accepter tant de monde. Il y a un couple d'éladrins (une noble et son garde du corps ?), un drakéide et un génasi en armure, qui semblent tous deux vénérer Tempos (mais je ne suis pas certain qu'ils voyagent ensemble), un tieffelin à l'air louche (ce qui est peut-être un pléonasme) et un demi-elfe en cotte de mailles (enfin une personne normale ?). Mes compagnons de voyage ne sont guère plus liants que les marins. J'en profite pour m'installer tranquillement à l'avant du navire et regarder les paysages défiler devant moi.
Il fait froid quand on n'a rien à faire.
Un petit incident a éclaté tout à l'heure, alors que le capitaine venait d'annoncer qu'il ne nous restait que quelques heures avant de débarquer à Eauforte. Le tieffelin a sorti un lapin de son sac et l'a lâché sur le pont du navire. Ce qui n'a pas manqué de faire monter la tension au sein de l'équipage, surtout lorsque la dame éladrine l'a ramassé. Pourquoi a-t-il fait cela ? quel intérêt de lâcher un lapin juste à ce moment sur le pont. Soit il connaissait les superstitions des marins et il a délibérément créé la tension au moment des préparatifs d'arrivée, soit il n'en savait rien et... Pourquoi lâcher un lapin à ce moment précis ? Et pourquoi avoir ramassé un lapin dans la cale, où il n'avait de toute façon rien à faire ? Un agitateur ou un simple idiot ? A surveiller, quoi qu'il en soit.
Arrivés à Eauforte, le capitaine a demandé si un de nous pouvait lui rendre un petit service. J'ai immédiatement accepté, imité par mes compagnons de voyage. Il s'avère en fait que ce sont des mercenaires venus chercher du travail à Eauforte. Moi qui espérait avoir les coudées franches ici, c'est mal parti. Bref. Dareck, qui voulait superviser le débarquement de ses marchandises, avait simplement un colis et une lettre à transmettre à un de ses congénères, un certain Garwan, propriétaire d'une échoppe au sud de la ville, appelée le Bric-à-brac.
A sept pour livrer un colis au bout de la ville, j'avais de bonnes raisons de croire que notre mission serait un franc succès.
Alors que nous nous mettions en route, l'éladrin en armes chuchota quelques mots à l'oreille de sa compagne avant de s'éclipser… Une course urgente à faire, nous dit celle-ci. Drôle de garde du corps qui laisserait sa cliente se balader avec cinq quasi inconnus. Me serais-je trompé ? Peu importe. Nous en profitons pour faire les présentations, puisque nous n'avions pas eu le loisir de le faire pendant le voyage. Je ne peux m'empêcher de sourire.
La dame éladrine se nomme Ioreth, le drakéide Dhorgar, le génasi de terre Che-Khan le tieffelin Theucis et le demi-elfe Elnewen.
N'ayant guère échangé plus que nos noms le temps de traverser la ville, nous arrivons au Bric-à-brac. Tandis que je m'apprête à entrer, suivi de mes compagnons, le mur d'enceinte de la ville explose à quelques pas de nous. A travers la poussière et la fumée, je vois des silhouettes se glisser dans la brèche et se répandre dans la rue. Des gobelins. Autour de nous, les villageois paniquent et tentent de s'enfuir. Plusieurs ont été blessés par l'éboulement du mur ou les premières attaque des gobelins. Je constate avec satisfaction que mes compagnons ont, pour la plupart, réagi de la même manière que moi : en sortant leurs armes pour faire face aux nuisibles.
Je prend le parti de contourner le gros de nos adversaires pour venir en aide à une dame et sa fille, prises à partie par les peaux-vertes. Le genasi, le drakéide et le demi-elfe ont avancé droit devant eux pour faire face. Le combat s'engage. Dans un coin de ma vision, je vois que le tieffelin lance des sorts et désorganise la masse ennemie, tandis que l'éladrine se faufile vers l'auberge voisine pour s'y abriter. Le demi-elfe vient de prendre un mauvais coup de hache, mais garde la tête haute... Etant le mieux placé pour le faire, je décide d'aller lui donner un coup de main. De toute façon, la pauvre dame que je voulais tirer des griffes des gobelins vient de succomber. Je lance une volée d'attaques contre le premier ennemi à ma portée, mais le bougre se défend avec acharnement. J'ai la vague impression que nous sommes débordés ; ils doivent être trois fois plus nombreux.
Mon compagnon demi-elfe, malgré sa blessure, nous exhorte à ne pas lâcher prise ; en dépit du chaos du combat et du fait que lui-même soit aux prises avec plusieurs gobelins, il nous indique des ouvertures que nous n'avions pas vues et garde son calme. Le génasi fait le ménage autour de lui petit à petit.
Le chef des gobelins est un chaman, resté un peu en retrait ; il faut que j'arrive à me faufiler jusque lui, mais ses ouailles ne me laissent pas faire, bien sûr. Le drakéide court d'un côté à l'autre du combat, et finit par tomber à côté du demi-elfe qu'il défendait. En retrait, le tieffelin semble débordé par les gobelins qui ont passé notre ligne de défense. L'éladrine a disparu, mais je crois qu'elle a réussi à se mettre en sécurité.
Un bruit de vitrine brisée se fait entendre... Si les gobelins commencent le pillage, c'est que le combat tourne à leur avantage, je n'aime pas ça. Pivotant sur moi même, je laisse au sol deux adversaires qui me barraient le chemin vers le chaman. Il est à ma portée. Je frappe, mais, à bout de course, je ne parvient pas à appuyer mes coups correctement. Il recule et incante... et nous voilà pris au milieu d'un nuage du fumée sombre, qui ne semble pas gêner le moins du monde nos adversaires. Je suis à nouveau englué dans le combat, les gobelins protègent leur chef.
Le drakéide s'est relevé, c'est bien. Le demi-elfe continue à orienter discrètement le combat et le génasi fait de plus en plus de dégâts dans les rangs adverses. Je ne vois plus le tieffelin. Soudain, les gobelins prennent la fuite. J'ai le champ libre : je me précipite sur le chaman, et deux coup de pic plus tard, il est à terre comme la plupart des pillards. Nous laissons fuir les quelques survivants.
Le tieffelin est bien à terre ; pas de trace de l'éladrine, mais je suppose que tout va bien pour elle. Les autres sont debout. Le drakéide s'occupe de nos blessés. Bien. Je fouille rapidement le chef gobelin. Je ne trouve qu'une lettre, écrite dans une langue que je ne connais pas. Tant pis. Je repense à la petite fille qui a perdu sa mère. Elle est cachée sous un chariot. Je vais la chercher et tente, avec un certain succès de la calmer. Pauvre petite.
La milice arrive. Explications rapides, remerciements. Le sergent nous demande de passer au poste de garde, rencontrer le capitaine Fagers lorsque nous en aurons le temps. je promet d'y aller et remet la fillette aux bons soins de la milice.
Sans plus attendre, je me rends au Bric-à-brac suivi de certains de mes compagnons. Garwan y est occupé à ranger le bordel laissé par les gobelins. C'est sa vitrine qui a été brisée. Il vient vers nous en gromellant, mais change d'humeur quand je lui remet le colis de Dareck. En discutant avec lui, nous apprenons qu'on ne lui a volé que quelques objets, dont le plus important était une dague ancienne, de fabrication gobeline. Si j'ai bien compris, un objet magique qui aurait autrefois appartenu au Roi-Ogre, un chef de guerre célèbre dans la région. J'émet alors l'idée que l'attaque, plutôt bien organisée, des gobelins, visait en fait uniquement à récupérer cette dague, dont le nain n'était propriétaire que depuis hier. Il venait de l'acheter à un voyageur halfelin, qui réside actuellement à la Chope Verte, une auberge juste à côté.
Ma théorie se trouve confirmée lorsque Garwan nous fait la lecture de le lettre trouvée sur le chaman. Celle-ci nous apprend que les gobelins étaient envoyés par un certain grand chaman Sancossug, qui avait, grâce à des sorts de divination, pu déterminer que la dague avait atterri au Bric-à-brac. Par ailleurs, cette dague, d'après lui, faisait partie du squelette du Roi-Ogre, et elle lui était nécessaire pour ramener ce dernier à la vie… Garwan, à la lecture de ceci, nous confirma que ce n'était pas là de bonnes nouvelles.
Finalement, j'ai peut-être bien fait de venir jusqu'ici.
Après s'être assurés que la dague ne se trouvait pas parmi les cadavres de gobelins que les miliciens commençaient à entasser, nous nous dirigions vers la Chope Verte, espérant y retrouver le halfelin qui avait vendu la dague à Garwan, ainsi qu'une bonne bière et un peu de chaleur.
Le dernier navire sur lequel j'ai embarqué est commandé par un capitaine Nain. Moi qui pensait que ce fier peuple n'aimait pas l'eau… Enfin, il est vrai qu'il ne s'agit pas ici d'en boire. Il se nomme Dareck, et semble être un nain d'expérience. Son équipage est composé de quatre humains guère loquaces. Chose surprenante, je ne suis pas le seul passager à bord. Sans doute Dareck n'avait-il pas assez de marchandise à bord pour ainsi accepter tant de monde. Il y a un couple d'éladrins (une noble et son garde du corps ?), un drakéide et un génasi en armure, qui semblent tous deux vénérer Tempos (mais je ne suis pas certain qu'ils voyagent ensemble), un tieffelin à l'air louche (ce qui est peut-être un pléonasme) et un demi-elfe en cotte de mailles (enfin une personne normale ?). Mes compagnons de voyage ne sont guère plus liants que les marins. J'en profite pour m'installer tranquillement à l'avant du navire et regarder les paysages défiler devant moi.
Il fait froid quand on n'a rien à faire.
Un petit incident a éclaté tout à l'heure, alors que le capitaine venait d'annoncer qu'il ne nous restait que quelques heures avant de débarquer à Eauforte. Le tieffelin a sorti un lapin de son sac et l'a lâché sur le pont du navire. Ce qui n'a pas manqué de faire monter la tension au sein de l'équipage, surtout lorsque la dame éladrine l'a ramassé. Pourquoi a-t-il fait cela ? quel intérêt de lâcher un lapin juste à ce moment sur le pont. Soit il connaissait les superstitions des marins et il a délibérément créé la tension au moment des préparatifs d'arrivée, soit il n'en savait rien et... Pourquoi lâcher un lapin à ce moment précis ? Et pourquoi avoir ramassé un lapin dans la cale, où il n'avait de toute façon rien à faire ? Un agitateur ou un simple idiot ? A surveiller, quoi qu'il en soit.
Arrivés à Eauforte, le capitaine a demandé si un de nous pouvait lui rendre un petit service. J'ai immédiatement accepté, imité par mes compagnons de voyage. Il s'avère en fait que ce sont des mercenaires venus chercher du travail à Eauforte. Moi qui espérait avoir les coudées franches ici, c'est mal parti. Bref. Dareck, qui voulait superviser le débarquement de ses marchandises, avait simplement un colis et une lettre à transmettre à un de ses congénères, un certain Garwan, propriétaire d'une échoppe au sud de la ville, appelée le Bric-à-brac.
A sept pour livrer un colis au bout de la ville, j'avais de bonnes raisons de croire que notre mission serait un franc succès.
Alors que nous nous mettions en route, l'éladrin en armes chuchota quelques mots à l'oreille de sa compagne avant de s'éclipser… Une course urgente à faire, nous dit celle-ci. Drôle de garde du corps qui laisserait sa cliente se balader avec cinq quasi inconnus. Me serais-je trompé ? Peu importe. Nous en profitons pour faire les présentations, puisque nous n'avions pas eu le loisir de le faire pendant le voyage. Je ne peux m'empêcher de sourire.
La dame éladrine se nomme Ioreth, le drakéide Dhorgar, le génasi de terre Che-Khan le tieffelin Theucis et le demi-elfe Elnewen.
N'ayant guère échangé plus que nos noms le temps de traverser la ville, nous arrivons au Bric-à-brac. Tandis que je m'apprête à entrer, suivi de mes compagnons, le mur d'enceinte de la ville explose à quelques pas de nous. A travers la poussière et la fumée, je vois des silhouettes se glisser dans la brèche et se répandre dans la rue. Des gobelins. Autour de nous, les villageois paniquent et tentent de s'enfuir. Plusieurs ont été blessés par l'éboulement du mur ou les premières attaque des gobelins. Je constate avec satisfaction que mes compagnons ont, pour la plupart, réagi de la même manière que moi : en sortant leurs armes pour faire face aux nuisibles.
Je prend le parti de contourner le gros de nos adversaires pour venir en aide à une dame et sa fille, prises à partie par les peaux-vertes. Le genasi, le drakéide et le demi-elfe ont avancé droit devant eux pour faire face. Le combat s'engage. Dans un coin de ma vision, je vois que le tieffelin lance des sorts et désorganise la masse ennemie, tandis que l'éladrine se faufile vers l'auberge voisine pour s'y abriter. Le demi-elfe vient de prendre un mauvais coup de hache, mais garde la tête haute... Etant le mieux placé pour le faire, je décide d'aller lui donner un coup de main. De toute façon, la pauvre dame que je voulais tirer des griffes des gobelins vient de succomber. Je lance une volée d'attaques contre le premier ennemi à ma portée, mais le bougre se défend avec acharnement. J'ai la vague impression que nous sommes débordés ; ils doivent être trois fois plus nombreux.
Mon compagnon demi-elfe, malgré sa blessure, nous exhorte à ne pas lâcher prise ; en dépit du chaos du combat et du fait que lui-même soit aux prises avec plusieurs gobelins, il nous indique des ouvertures que nous n'avions pas vues et garde son calme. Le génasi fait le ménage autour de lui petit à petit.
Le chef des gobelins est un chaman, resté un peu en retrait ; il faut que j'arrive à me faufiler jusque lui, mais ses ouailles ne me laissent pas faire, bien sûr. Le drakéide court d'un côté à l'autre du combat, et finit par tomber à côté du demi-elfe qu'il défendait. En retrait, le tieffelin semble débordé par les gobelins qui ont passé notre ligne de défense. L'éladrine a disparu, mais je crois qu'elle a réussi à se mettre en sécurité.
Un bruit de vitrine brisée se fait entendre... Si les gobelins commencent le pillage, c'est que le combat tourne à leur avantage, je n'aime pas ça. Pivotant sur moi même, je laisse au sol deux adversaires qui me barraient le chemin vers le chaman. Il est à ma portée. Je frappe, mais, à bout de course, je ne parvient pas à appuyer mes coups correctement. Il recule et incante... et nous voilà pris au milieu d'un nuage du fumée sombre, qui ne semble pas gêner le moins du monde nos adversaires. Je suis à nouveau englué dans le combat, les gobelins protègent leur chef.
Le drakéide s'est relevé, c'est bien. Le demi-elfe continue à orienter discrètement le combat et le génasi fait de plus en plus de dégâts dans les rangs adverses. Je ne vois plus le tieffelin. Soudain, les gobelins prennent la fuite. J'ai le champ libre : je me précipite sur le chaman, et deux coup de pic plus tard, il est à terre comme la plupart des pillards. Nous laissons fuir les quelques survivants.
Le tieffelin est bien à terre ; pas de trace de l'éladrine, mais je suppose que tout va bien pour elle. Les autres sont debout. Le drakéide s'occupe de nos blessés. Bien. Je fouille rapidement le chef gobelin. Je ne trouve qu'une lettre, écrite dans une langue que je ne connais pas. Tant pis. Je repense à la petite fille qui a perdu sa mère. Elle est cachée sous un chariot. Je vais la chercher et tente, avec un certain succès de la calmer. Pauvre petite.
La milice arrive. Explications rapides, remerciements. Le sergent nous demande de passer au poste de garde, rencontrer le capitaine Fagers lorsque nous en aurons le temps. je promet d'y aller et remet la fillette aux bons soins de la milice.
Sans plus attendre, je me rends au Bric-à-brac suivi de certains de mes compagnons. Garwan y est occupé à ranger le bordel laissé par les gobelins. C'est sa vitrine qui a été brisée. Il vient vers nous en gromellant, mais change d'humeur quand je lui remet le colis de Dareck. En discutant avec lui, nous apprenons qu'on ne lui a volé que quelques objets, dont le plus important était une dague ancienne, de fabrication gobeline. Si j'ai bien compris, un objet magique qui aurait autrefois appartenu au Roi-Ogre, un chef de guerre célèbre dans la région. J'émet alors l'idée que l'attaque, plutôt bien organisée, des gobelins, visait en fait uniquement à récupérer cette dague, dont le nain n'était propriétaire que depuis hier. Il venait de l'acheter à un voyageur halfelin, qui réside actuellement à la Chope Verte, une auberge juste à côté.
Ma théorie se trouve confirmée lorsque Garwan nous fait la lecture de le lettre trouvée sur le chaman. Celle-ci nous apprend que les gobelins étaient envoyés par un certain grand chaman Sancossug, qui avait, grâce à des sorts de divination, pu déterminer que la dague avait atterri au Bric-à-brac. Par ailleurs, cette dague, d'après lui, faisait partie du squelette du Roi-Ogre, et elle lui était nécessaire pour ramener ce dernier à la vie… Garwan, à la lecture de ceci, nous confirma que ce n'était pas là de bonnes nouvelles.
Finalement, j'ai peut-être bien fait de venir jusqu'ici.
Après s'être assurés que la dague ne se trouvait pas parmi les cadavres de gobelins que les miliciens commençaient à entasser, nous nous dirigions vers la Chope Verte, espérant y retrouver le halfelin qui avait vendu la dague à Garwan, ainsi qu'une bonne bière et un peu de chaleur.

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