vendredi 5 mars 2010

Obélisques & moines

Notre route prend maintenant la direction du Nord Nord-Est.

Ce matin, nous avons rencontré une troupe de bandits gobelinoïdes que nous avons défait sans trop d’efforts. Le reste de la journée a été plutôt calme.

A l’approche de la nuit, nous avons aperçu un plateau surmonté d’une étrange construction. D’énormes obélisque renversées tenant incompréhensiblement sur leur pointe, d’un noir profond, disposées en cercle. Le plateau tout entier semblait vide de toute vie.

Ioreth avait déjà entendu parler de cet endroit. Probablement un autel à de sinistres dieux, réputé pour perturber les rêves de ceux qui s’aventurait trop près de leur influence.

Pour ma part, mes rêves étant déjà pourris depuis ma résurrection des mains d’Amaunathor, je ne pensais pas risquer grand chose. Et comme le sommet du plateau me paraissait de loin le meilleur endroit pour passer la nuit, j’ai soutenu la proposition de Keddig de planter les tentes à proximité des obélisques.

Tout s’est bien passé jusqu’à la mi-nuit environ. Ce devait être le tour de garde d’Icariel quand j’ai été réveillé par une douleur affreuse parcourant tout mon corps. J’ai aussitôt saisi mon pic et foncé sur la source de ma douleur… qui s’avéra être Keddig. Le temps que l’on m’explique la situation, j’avais déjà salement amoché le malheureux.

Voyant à quel point mon sommeil était agité, mes compagnons avaient essayé de me réveiller mais, leurs efforts restant vains, ils avaient décidé de passer à la manière forte. Je n’eut guère le loisir de réclamer d’avantage de détails : Maxence et Vimak, toujours plongés dans le sommeil et aussi agités que ce que j’avais du l’être, commençaient à saigner du nez, des oreilles et des orbites… Je me jetais sur le Goliath pour le réveiller d’une baffe magistrale, esquivant de peu le coup de poing de protestation qu’il me décocha au retour. Icariel, sur ce temps là, s’était occupé de Maxence, avant que Ioreth ne prenne le relais pour ce dernier.

Une fois de plus, nous levions le camp en pleine nuit, pour nous éloigner de la source de nos ennuis. Nous terminions la nuit un bon kilomètre plus loin, en bordure du chemin.

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Nous avons eu du mal à nous mettre en route ce matin.

Vers midi, nous sommes arrivés en vue du mausolée nain dont le nom m’échappe à présent. Il faudra que je demande à Ioreth de me le répéter, et que je pense à le noter. Deux nains s’y recueillaient ; nous avons échangé quelques banalités, et ils ont beaucoup ri lorsque nous leur avons expliqué que nous avions voulu dormir au pied des obélisques noirs.

Enfin, au soir, nous sommes arrivés aux ruines de Gardesort. L’accueil fut meilleur que nous ne l’escomptions. En effet, une poignée de moines a construit ici un petit monastère, à une centaine de mètres de l’entrée ruines, et accueillent les pèlerins venus chercher conseil auprès du spectre de Dame Saharel.

Ils n’ont pas beaucoup de chambres ; nous devrons nous serrer un peu dans un premier temps. Les chambres ne se libèrent en général que lorsque leur occupant trouve ce qu’il est venu chercher ou ne disparaisse dans les ruines. Selon les quelques rumeurs que j’ai entendues ce soir, la seconde solution est la plus probable.

Nous avons déjà identifié quelques groupes « concurrents ». Il y a un clan de halfelins et un autre de drakéides qui campent dans les ruines, et se mêlent peu aux autres chercheurs. Il y a la compagnie du croissant de lune, des mercenaires un peu louches. Et puis une charmante jeune halfeline qui a passé la soirée à nous battre aux cartes, Keddig et moi, tout en nous racontant des histoires sur les ruines et ses habitants.

Selon les moines, aider à reconstruire les bâtiments des ruines est un bon moyen de s’attirer les faveurs de la Dame. Je suis d’accord avec Vimak à ce sujet : ils ont trouvé un bon moyen de faire travailler les pèlerins pour rien et exploitent le filon. C’est de bonne guerre.

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Keddig était plutôt excité pendant le petit déjeuner. Plus que d’habitude, je veux dire. Si j’ai bien compris, il s’est aventuré seul dans les ruines cette nuit. Il a vu de petites créatures encapuchonnées se glisser dans la seule tour intacte des ruines. Or, selon nos premiers renseignements, personne jusqu’ici n’a trouvé l’entrée de cette tour. Nous décidons de pousser l’exploration jusque là.

En chemin, nous trouvons les cadavres, frais, de quelques humains. Ils ont été dépouillés de tous leurs biens. En fouillant un peu les alentours, Nous trouvons l’entrée d’un petit boyau souterrain et quelques traces de pas… Des Kobolds. Pas la peine de s’attarder d’avantage, ils sont sans doute déjà loin.

Nous arrivons au pied de la tour. Aucun accès visible. Si on peut y accéder, c’est par le haut, mais l’escalade s’annonce bien difficile, surtout sans certitude que notre théorie soit fondée.

Nous continuons notre promenade dans les ruines, et arrivons en vue de ce qui semble être le campement du clan drakéide. Vu le tableau qu’on nous en a dressé, nous décidons de ne pas les provoquer inutilement et de contourner de loin le camp.