vendredi 13 mars 2009

Tavernes & halfelins

Une fois à l’auberge, je commence par m’assurer qu’il reste des chambres disponibles et commande de quoi manger et boire. Je m’approche de la table où sont assis Ioreth et un halfelin… Celui-là même qui avait vendu la dague à Garwan. Le halfelin semble tendu et pressé de partir ; je lui offre donc un petit verre pour détendre l’atmosphère. Che-Khan et Theucis interviennent pour m’aider à convaincre le petit bonhomme de rester et de nous raconter l’histoire de cette dague. Il est sur ses gardes, et je sens bien que, dans la taverne, on nous surveille du coin de l’œil.

Il finira, non sans mal, par se mettre à table. Il a “trouvé” l’artefact dans d’anciennes ruines naines, à quelques lieues au sud de la ville en pleine forêt. Le fait qu’elle fut gardée par une tribu de gobelins ne l’a pas perturbé plus que cela : il s’est simplement faufilé entre deux patrouilles et a ramassé ce qu’il pouvait. Pour le malheur d’Eauforte, la dague faisait partie de son butin. Comment les gobelins ont retrouvé la trace de l’objet est toujours mystérieux… Mais nous avons maintenant une carte pour aller jusqu’aux ruines, et je compte bien tirer cela au clair.

Notre nouvel ami n’a pas mis longtemps à détaler après avoir terminé son histoire. Nous avons pris un peu de repos, jusqu’à ce qu’Elnewen nous suggère d’aller faire notre rapport au capitaine de la garde avant la tombée de la nuit, ce que nous fîmes.

Je ne sais que penser du capitaine. C’est un elfe, a priori plutôt âge (c’est toujours difficile à dire). Il semble très détaché de tout et pour tout dire plutôt calme. Soit il a vraiment beaucoup d’expérience et maîtrise vraiment la situation, soit il n’a pas conscience des dangers réels qui menacent la ville si une tribu gobeline est sur le pied de guerre. Ce que j’ai vu de la milice ne plaide pas en sa faveur… Notre rapport a été fait en quelques minutes, et après de brefs remerciement, nous étions dehors. Il ne nous restait qu’à retourner à l’auberge.

C’est une fois rentrés que nous avons constaté que Che-Khan et Theucis avaient quitté le groupe en douce. Il réapparurent une petite heure plus tard, alors qu’Elnewen Dhorgar et moi même avions une petite conversation avec Ioreth et son frère, sur le fait qu’elle ne nous avait pas prouvé grand chose pendant l’accrochage avec les gobelins, et qu’il n’était pas question de traîner des poids morts si on s’aventurait dans des territoires plus dangereux. Les deux Eladrins nous assurèrent qu’ils sauraient se rendre utiles en cas de coups durs.

Quant à nos deux promeneurs, leur ballade semblait avoir été agitée… Theucis avait une partie du visage tuméfié, et les vêtements du génasi étaient un peu en désordre… De toute évidence, ils venaient de se battre. Ils ne voulaient pas en dire plus et nous n’avons pas posé de questions. J’espère juste qu’ils laisseront leurs problèmes derrière eux avant de partir au sud.

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Ce matin, nous étions prêts de bonne heure. Je pouvais ressentir, chez mes compagnons, la même excitation à l’idée de partir à l’aventure que celle qui m’anime moi-même. Ce n’était pas quelques rumeurs sur un prétendu dragon qui nous feraient reculer. Il sera toujours temps d’aviser si on en croise un…

La traversée de la forêt s’est faite sans encombres. Che-Khan et moi-même avons guidé le groupe à travers les chemins étroits des chênaies du bois sud pendant presque une journée, lorsque nous sommes arrivés au ruines. Aucun mouvement ; on aurait pu les croire abandonnées si des dizaines de traces de passage dans la boue ne nous criaient pas le contraire.

Le frère de Ioreth et moi-même sommes partis contourner tout le site, histoire d’avoir une vue plus générale et de repérer un éventuel guetteur. Rien, a priori. C’est donc en prenant soin d’éviter le chemin principal que notre groupe s’est avancé vers les ruines. Après quelques recherches, nous avons trouvé une entrée dérobée, cachée sous une dalle… C’était parti !

Après avoir suivi un étroit couloir sur quelques dizaines de mètres, la première salle s’ouvrait devant nous… Et avec elle, les premiers gardes. En même temps que les gobelins, nous dégainons nos armes…