vendredi 8 janvier 2010

Cages & dragons

Un bon bain et un bon repas à la Choppe Verte, et on se sent tout de suite mieux. Les esprits s’échauffent après le repas, et la salle s’anime rapidement en soirée. J’aspire à un peu de calme. Maxence et Ioreth sont sortis se promener et je décide de les imiter. Je termine ma soirée dans les jardins de Sylvanus avec ma pipe et mon tabac. J’aurais du emporter un peu de rhum, il fait assez frais sur mon banc de pierre.

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Tout en déjeunant, j’ai fait part à mes compagnons de mon souhait de redescendre vers le Sud. Icariel et Maxence m’ont rappelé que nous avions quelques comptes à rendre au monastère d’Amaunator. Il a finalement été décidé de retourner à celui-ci, pour faire le point. Nous nous sommes mis en route immédiatement.

Tandis que nous marchions vers l’Est, cette après-midi, nous avons aperçu un convoi plutôt suspect : 4 hommes en carriole transportait 3 elfes dans une cage. Des marchands d’esclaves, sans aucun doute. Deux des hommes seulement étaient armés. Un regard à mes compagnons m’informa qu’ils pensaient la même chose que moi.

Je salue les hommes d’un air détaché en les dépassant, l’air de ne pas vouloir m’arrêter. Keddig, lui, demande s’il peut monter sur la charrette pour reposer ses petites jambes. Bien sûr ils refusent. Ils ont l’air nerveux. Mon ami gnome veut absolument lancer la conversation avec les inconnus, qui commencent à s’énerver franchement. Nous intervenons dans la conversation, lorsque tout à coup, Keddig se retrouve dans la cage avec les elfes. Je somme les hommes d’ouvrir la cage pour laisser sortir mon compagnon. Ils ne comprennent pas très bien ce qui s’est passé mais finissent par s’exécuter en maugréant.

Alors que la porte est ouverte, et que Keddig semble hésiter à sortir, je suggère de laisser sortir les elfes également, tout en caressant la poignée de mes armes. Je sens la présence de Maxence qui fait de même à côté de moi et je sais que les autres sont également prêts à intervenir. Les hommes de la carriole hésitent, devant notre nombre… Leur chef, une espèce de marchand obèse, finit par siffler « vous me paierez cela ».

Deux des elfes sortent, et vont se réfugier auprès d’Icariel et Ioreth. La troisième, dont le visage est caché par son capuchon, est toujours recroquevillée au fond de la cage. Keddig essaie de la convaincre de sortir, si je comprends bien. Je ne sais pas ce qu’ils se disent – je crois que c’est de l’elfique – mais tout à coup, la troisième elfe bondit hors de la carriole, poussant Keddig de côté et manquant de faire basculer l’équipage ; ce faisant, elle a découvert son visage… une drow !

Profitant de notre surprise, les deux hommes armés se jettent sur Icariel comme un seul homme. Le cocher s’enfuit immédiatement. Le marchand tente de l’imiter, mais Keddig le fauche en pleine course. Quant aux deux hommes d’armes, bien qu’ils soient des combattants corrects, ils ne tardent pas à tomber face au nombre.

Ne tenant pas à laisser de témoins, je me lance à la poursuite du cocher, que je ramène à la carriole. Je ne pense pas qu’il soit bien dangereux, mais sait-on jamais… Je le confie à Icariel, pendant qu’une étrange conversation avec la drow commence. Ioreth traduit les propos des deux parties, ce qui simplifie un brin la conversation, qui reste tout de même plutôt chaotique…

En gros, la drow, bien que se méfiant de nous, aimerait que nous la ramenions en Ombreterre. Je ne suis pas trop chaud à cette idée. Je ne pense pas qu’une drow lâchée à la surface puissent être inoffensive. Et surtout, je n’ai aucune envie de m’approcher de l’Ombreterre ! Et de toute façon, nous devons d’abord nous rendre au monastère d’Amaunator, dans les montagnes, où je pense déposer les deux autres elfes… Mais où je vois mal résider une drow ! Icariel et Maxence sont prêts à se porter garants pour elle, et nous en sommes là dans la conversation lorsque nous sommes interrompus…

Pris dans notre discussion, nous nous sommes laissés surprendre par un jeune dragon vert, qui atterrit presque au milieu de notre groupe avant que nous n’ayons rien pu faire.

De façon plutôt surprenante, il ne nous attaque pas immédiatement et semble même vouloir dialoguer. Il dit avoir faim, et ne pas avoir envie de se battre tout de suite. Il nous a vu à l’œuvre, de loin, et se dit prêt à nous laisser la vie sauve en échange d’une ou deux elfes à grignoter. Je refuse. Icariel et Vimak sont à côté de moi. Maxence essaie de calmer les deux elfes et de convaincre Ioreth de les emmener en sécurité. La drow s’éloigne lentement, et Keddig essaie de calmer les bœufs qui se sont emballés.

Les négociations durent ainsi quelques minutes, mais je me rends vite compte qu’elles sont vouées à échouer. De toute évidence, Maxence et Icariel sont prêts à mourir pour protéger les elfes, Vimak meurt d’envie de se mesurer à un dragon, quant à moi, je me dis de plus en plus que si ce dragon négocie, c’est qu’il n’est pas aussi sûr de nous vaincre qu’il ne le prétend. Et de toute façon, je n’ai aucune envie de voir ces jeunes filles à qui nous venons de rendre la liberté finir dans le ventre d’un dragon. Même pas la drow.

Ainsi donc, le combat s’engage. Mes coups et ceux de mes compagnons ricochent contre les écailles de la bête le plus souvent. Le dragon semble s’en amuser. J’ai l’impression qu’il ne se donne pas vraiment à fond, qu’il joue avec nous, ce qui m’inquiète un peu. Impossible de juger vraiment de ses possibilités.

Icariel le premier réussit à porter un coup bien ajusté au Dragon, qui pousse un cri. Aussitôt, son attitude change. Ses coups se font plus durs ; il s’acharne sur le brave Icariel, qui passera plus de la moitié du combat à terre, monopolisant la plupart des soins de Maxence. Le dragon essaie également de jouer de sa mobilité pour aller s’attaquer à Ioreth, qui lance ses sorts en retrait de groupe, mais Vimak l’en empêche avec brio, faisant appel à la nature même pour bloquer son adversaire. Les invocations ignées d’Ioreth finissent par prélever leur dû sur la pugnacité de la bête ; Maxence invoque la colère d’Amaunator dès qu’Icariel lui en laisse le temps ; ce dernier n’est jamais fatigué de se relever pour repartit à l’assaut ; moi-même je fais de mon mieux pour percer ces maudites écailles ; Et enfin Keddig, après avoir calmé les bœuf, revient lui aussi déchaîner ses sorts sur le dragon… Qui finit par prendre la fuite !

Du reste, aucun d’entre nous n’est disposé à le laisser partir, nous voulons terminer le travail ! Je passe aux dagues, tandis que mes compagnons libèrent toute leur énergie magique, au point de faire retomber le dragon au sol. Oh, il n’est pas encore vaincu, et continue à rendre coup pour coup, mais il grogne, il a perdu de sa superbe… Un méchant coup de griffe lacère le torse de Vimak qui s’écroule, sévèrement touché. C’était le dernier coup de notre adversaire, qui s’écroule presque aussitôt après. Victoire.

Nous reprenons notre souffle. Seul Maxence s’active encore, pour récupérer le Goliath avant qu’il ne soit trop tard. Heureusement, il y parvient. Il insiste encore pour panser les plaies de chacun avant de s’accorder quelque repos. Vraiment, il m’impressionne.

Au final, nous n’avons pas subi de pertes. Tout au plus le cocher et la drow ont-ils profité du combat pour déguerpir.

3 commentaires:

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  2. Superbe résumé de nos aventures! On sent la poigne épique de nos actes héroïques^^

    Vivement la suite :D

    Nico

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  3. Quand je pense en plus que Dav' a réussi à éviter deux critiques de ma part à cause de cette maudite réaction immédiate...grrr

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